Ecole de Watsa Congo Belge dans les années 1950 à 1960
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des anciens de l''école de Watsa, le nom de notre ancienne école est devenu :Ecole Primaire I GANOZA
Race en voie de disparition,nous ne sommes plus très nombreux et surtout la dernière génération ... il nous appartient de faire connaître et entretenir la mémoire du passé ...
la mémoire s'estompe petit à petit ...et un jour nous tomberons dans l'oubli
Watsa se situe dans la Province orientale (chef-lieu: Kisangani, ex-Stanleyville), district du Haut-Uélé. Dans le territoire des mines d'or de Kilo-Moto, c'était le poste principal à proximité des frontières soudanaises et ougandaises justifiait la présence d'un camp militaire.
L'école primaire officielle de régime métropolitain de Watsa a été fondée par Mr Suain qui faisait fonction d'administrateur de territoire. Mr Warnant a dû prendre le relais dans le courant de 52 . L'école a été érigée dans des locaux provisoires et anciens. Une nouvelle école fût construite deux ans plus tard près du camp militaire sur la colline aux oiseaux.
L'école se situait de part et d'autre de la rue principale de Watsa. D'un coté, les classes de 1e
et 2ème, puis les classes de 3 ème et 4 ème année, la classe de 5ème et 6ème étant séparée des autres par une grande cour en terre battue. Accolée à la classe de 5 et 6 ème, une petite pièce qui servait aux travaux manuels.
Une fois la route traversée, à gauche, s'étendait le dortoir des filles et à droite celui des garçons, construit le long de la route principale tout en longueur . Le dortoir commençait par un très long couloir qui courait tout le long du bâtiment. Tous les éviers étaient accrochés au mur côté route. Pour entrer dans le dortoir, on tournait à gauche et on arrivait dans un immense dortoir plein de lits rangés comme à l'armée. Les douches et toilettes se trouvaient à côté du dortoir. Il suffisait de passer la porte pour y être. L'infirmerie et les lits de l'infirmerie, la chambre du surveillant et les lits d'isolement se trouvaient du côté opposé à l'entrée du dortoir.
A cause d'une épidémie de grippe et d' une épidémie de varicelle , une grande partie des internes durent être mis en quarantaine et, par manque de place, certains boutonneux se retrouvèrent dans le même dortoir que les non -malades.
Anecdote: tous les soirs, à cause de la varicelle, nous étions badigeonnés au talc mentholé de la tête aux pieds. On aurait dit une armée de zombies qui circulaient dans les dortoirs.
Il n'était pas bon d'avoir de la température au pensionnat, car le docteur Lubicz nous mettait au régime: un petit déjeuner le matin, rien à manger le midi ni le soir, juste du thé à volonté pour se caler l'estomac. A ce régime -là, après deux jours, même avec de la température, on reprenait les cours tellement on avait faim.
En continuant de monter la route, à droite, plus bas que la route se situait le garage SEDEC-MOTORS (Chevrolet) et à gauche le terrain de basket, juste à côté, le réfectoire, le bureau du directeur et les cuisines. Pour se rendre au réfectoire, il fallait monter de grands escaliers.
Toujours en continuant la route à gauche, s'étendait un terrain arboré en pente qui nous servait de terrain de foot . Puis on arrivait au préau, fermé sur sa largeur côté "garçons" par des matitis sur toute sa longueur coté forêt où il y avait une porte pour se rendre au WC extérieur. Côté "filles" le côté était à trois quart fermé, ouvert côté réfectoire.
La route et le terrain étaient bordés d'arbres fruitiers. Qu'est-ce qu'on s'est régalé de mangues et de goyaves!
Une journée commençait par le sacro- saint "se lever, se laver , s'habiller, faire son lit ????", puis direction réfectoire, où nous attendait l'éternel porridge (gruau d'avoine) accommodé avec du sucre ou de la poudre de cacao ( Banania et Ovomaltine ) puis, tartines à la confiture ( personnelle pour certains tandis que les autres mangeaient ce qu'il y avait), fruit, café ou cacao chaud. Chaque famille d'élèves laissait, en début d'année, une somme d'argent qui servait à acheter savons, dentifrices, confitures, ovomaltine, lacets, .....etc.
Ensuite, direction préau pour quelques instants de détente. Puis, en rangs, direction les classes de l'autre côté de la route. Nous nous souvenons tous de Mademoiselle van Hullebusch qui fut notre institutrice préférée et dévouée. Et pourtant, elle était exigeante et sévère. Elle s'occupait des 3e et
4eme année. Outre un enseignement impeccable,
elle pouvait jouer du piano et nous apprenait des chansons dont les paroles étaient consignées dans notre petit cahier de chant. "Sur les bords de l'Ohio, sur les bords de l'Ohio o o, petit zohio. Revenait en pirogue, en chantant vogue, vogue....." Elle donnait aussi le cours de flamand. Qu'est-ce que j'ai pu en voir avec elle quand elle a commencé à nous apprendre le poème "la petite mésange" dans la langue de Vondel !!
A la récré, on jouait aux billes (aux pots, poissons, tour de France) ou avec un canif que l'on tapait dans un carré tracé à terre pendant que les filles jouaient à la marelle en s'efforçant d'atteindre le "paradis". On pratiquait du saut en longueur, on sautait à la corde avec les filles, on les ennuyait.
A midi, direction réfectoire, où on n'échappait pas à la distribution de quinine, nivaquine et huile de foie de morue mais en gélules, OUF!! Ah, les jours où l'on nous servait de la purée.... Je me rappelle que les cuillères nous servaient de catapultes pour envoyer de la purée sur le voisin ou au plafond. Un de nos condisciples, puni par le directeur, monsieur Aerts, a dû écrire 500 fois "je ne peux pas lancer de la purée au plafond". Après le déjeuner, un peu de préau et tous à la sieste.
Reprise des cours vers 14h45. Puis, vers 16 ou 17 heures, le goûter tartines confiture, ou biscuit, grenadine ou cacao froid. Ensuite, étude et éventuellement faire les punitions. Et j'en ai fait: tables de multiplication jusque 10 à faire 50 fois ou conjuguer des verbes à tous les temps à faire X fois aussi .
En soirée, le dîner puis, avant de se diriger vers le dortoir, retour au préau. Et là enfin, probablement les moments les plus agréables de la journée: on était libre de faire ce que l'on voulait à condition évidemment que cela reste " sérieux, sage, et tranquille". ...Les activités habituelles étaient la balle-chasseur,le saut à la corde, les rondes enfantines ( la fête au village, le fermier et sa femme...), le foulard, 1.2.3 piano. Mais, bien sûr, ce qu'on préférait, nous les grands et JP, c'était chasser les rats, faire le tour du préau, par le côté fermé, dans le noir, en évitant de se faire attraper par le pion, donner rendez- vous aux filles près des wc à l'extérieur sans se faire voir .
Parfois, on jouait aux mousquetaires. Les épées, nous les fabriquions avec un morceau de matiti, et la garde de l'épée avec des boîtes à fromage. On confectionnait également des tanks avec de vieilles bobines de fil à coudre en bois, on bâtissait des talus, et, c'était à celui qui arriverait le premier en haut.
Anecdote: Le cours de
religion était donné par les missionnaires dominicains : les pères
Dockx, Pen, Mercx et enfin Doutreloux. L'un deux, je crois que
c'était le père Pen a été tellement chambardé qu'il est parti un
jour en claquant la porte et n'est jamais revenu. En 3ème primaire,
avec le père Antonin nous devions apprendre des tas de prières et
lorsque nous étions prêts, nous devions nous asseoir sur ses genoux
(on le traiterait de pédophile à l'heure actuelle) et réciter la
prière apprise. Si nous la récitions sans faute, nous recevions une
image. Françoise en a encore dans son vieux missel.
Le dimanche
Certains enfants restaient parfois plusieurs semaines à l'internat sans rentrer chez papa et maman. C'était le cas de beaucoup d'élèves qui retournaient chez eux juste pour les vacances.
Je me souviens que la journée du dimanche commençait réellement à midi, au réfectoire, car le dimanche, nous avions tous droit à un verre de vin rouge et au bouillon du dimanche qui était délicieux. Le surveillant racontait des histoires (Zorro, d'Artagnan, le dernier des Mohicans, et d'autres) ou passait des disques sur le vieux gramophone. Le dimanche, je faisais toujours une superbe sieste grâce au vin.
L'après midi, on restait à l'internat ou, suivant le courage des surveillants, on faisait une balade dans la région, on allait au terrain de foot de Watsa ou à la piscine du club. Et à chaque fois, les tartines et la grenadine suivaient le groupe.
La saint Nicolas à l'internat était un grand moment. Les cadeaux étaient disposés dans le préau et rangés par classe. En déballant, on avait la surprise de la découverte: des jouets, des livres, des jeux de société, une mini imprimerie, des patins à roulettes, une tente indienne, etc., et ...un gros sac de bonbons pour chacun et chacune.
Tous les cadeaux restaient la propriété de l'internat et, si je me rappelle bien, étaient rangés dans de grands coffres sous le préau.
Avec la mini imprimerie, nous avons, pendant une année, édité un petit journal à l'internat.
Environs deux fois sur l'année, nous avions droit à une séance de cinéma sous le préau et là, pas de pitié pour les punis.... Ils restaient dans le réfectoire à remplir des lignes ou à faire des tables de multiplication. J'en ai raté plusieurs. Mais chutttttttttt on trichait .
Une fois par semaine, nous étions tenus d'écrire à nos parents. Toutes les lettres étaient relues par le directeur et quand il y avait des passages critiques envers un instituteur ou ne plaisant pas à la direction, on était obligé de la recommencer. Notre camarade Nico, qui était grec, avait trouvé la parade en disant que ses parents ne savaient pas lire le français ce qui l'obligeait à écrire dans sa langue maternelle, au grand dam de la direction
Nouvelle école de Watsa près du camp militaire
Une nouvelle école fut construite sur la colline aux oiseaux en dehors de l'agglomération de Watsa, non loin du camp militaire. C'est là que j'ai effectué ma dernière année primaire. Notre instituteur, un Liégeois, s'appelait Monsieur Simon. Quand on répondait bien, il inscrivait un "BN" (Bonne Note) dans le journal de classe. Mais gare au bavardage: il raturait, d'un geste rageur, les "BN" durement acquis en ajoutant "pie".
Peu de changement dans notre vie de pensionnaire, sauf un nouveau jeu. Environ une fois par mois, après arrangement entre notre surveillant et la surveillante des filles, la nuit, on pénétrait dans le dortoir des filles par une fenêtre laissée ouverte par la surveillante et on " virait" tous les lits pendant le sommeil de ces demoiselles. Quel plaisir...! Quelques jours plus tard, ces demoiselles tentaient de nous rendre la pareille, mais, on les entendait venir de loin car elles étaient incapables de se déplacer en silence à cause de leurs rires.
A l'heure de la "sacro-sainte" sieste, pendant que mes copains se reposaient, moi, je devais faire du rattrapage, notamment en français, avec Mademoiselle Van Hullebushe et cela me faisait évidemment râler. Mais je lui dois aujourd'hui un grand merci pour tout ce temps qu'elle m'a consacré.
En 1958, après avoir terminé ma sixième année primaire, je suis rentré en Belgique afin de poursuivre mes études. Je ne suis retourné qu'une seule fois au Congo, en 1960. Certains de mes copains et copines ont continué leurs études au Congo. (Quelques uns seulement, suite aux événements de l'indépendance en 1960)
Ouverture de l'école pour l'année scolaire 1957/1958.
Les directeurs: Deswert, Aerst directeur de l'internat, Dirkens.
Instituteurs et institutrices: Madame et monsieur Simons,Melle Van hulebusch M.L,Gelise, Madame et Monsieur Bosman, Madame Beublet, Melle Vanlangenhove ,Madame et Monsieur Loridon Paul et Colette (Des supers surveillants merci Paul et Colette ).Surveillants: Melle Destrebeck, Rausch,Delaval,
La vieille école de Watsa de 1950 à 1958
Bâtiment Principal de l'internat 1953
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Watsa Internat 1953 Mr Van Den Bogart, le vieux préau
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Au fond de la cour de récréation la classe de 5eme et de 6eme et classe de travaux manuels
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Rassemblement du matin avant les cours
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Entrée de l'internat et abatiment du dortoir des filles
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Rue principale de Watsa
Rahier Gabriel: gabriel.rahier@skynet.be

Congo
Belge
























































































































































